Le cerveau, là où apparaissent les troubles neurodéveloppementaux
Les troubles neurodéveloppementaux (TND) peuvent être d’origine génétique ou épigénétique. C’est-à-dire qu’ils peuvent provenir d’anomalies chromosomiques génétiques émanant de leurs géniteurs ou de leurs prédécesseurs ; de problèmes rencontrés par la mère durant la grossesse ou l’accouchement ; d’expositions à des produits toxiques par la mère ou l’enfant lors de la grossesse ou après ; des traumatismes cérébraux, etc…
En fonction des zones cérébrales touchées et des séquelles observées, ils peuvent être nommés TDA/H (trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité) ; troubles DYS (dyslexie, dyspraxie, dysorthographie, dysgraphie…) ; TSA (trouble du spectre de l’autisme) ; syndromes, etc.
Ils se constatent au quotidien par la personne qui en souffre et/ou par ses parents quand des difficultés quotidiennes apparaissent. Ces difficultés peuvent être d’ordre comportemental ou émotionnel ; liées à la coordination ou aux interactions sociales.
Ces conditions neurologiques complexes s’adaptent mal à la vie en société. Elles freinent le développement physique et cérébral de la personne. Elles nécessitent un suivi médical, des interventions thérapeutiques comme celles d’un neurothérapeute formé à la pratique du biofeedback et du neurofeedback quantitatif et un soutien spécialisé.
La respiration : un mécanisme étroitement lié au développement du cerveau
Dans la majorité des cas, la respiration a un impact direct avec les troubles neurodéveloppementaux observés en neurothérapie.
D’un trouble à l’autre, les liens entre les séquelles neurologiques et les troubles de la respiration peuvent varier. Cependant, on note presque systématiquement un rapport clair entre ces deux facteurs.
Pourquoi ?
Parce que la respiration est l’unique processus par lequel notre corps fournit de l’oxygène aux cellules du cerveau. Elle permet d’éliminer le dioxyde de carbone produit par ces mêmes cellules.

Pour fonctionner correctement, le cerveau a besoin d’une oxygénation adéquate. Si l’oxygène diminue ou ne circule pas correctement, les troubles n’ont presque aucune chance de s’améliorer.
En effet, la respiration est non seulement nécessaire à la croissance et la maturation de toutes les cellules cérébrales, mais c’est aussi elle qui assure la connectivité neuronale, d’un neurone à l’autre.
Respiration et stress : impacts sur le cerveau
C’est encore et toujours la respiration qui régule les fonctions automatiques du corps (y compris la respiration elle-même).
Une respiration rapide, insuffisante, bruyante ou irrégulière engendre du stress lié au manque d’air. Ce type de stress est appelé stress respiratoire. En cas de stress respiratoire, le rythme, le schéma et la profondeur de la respiration se modifient.
Le stress prolongé engendre une respiration irrégulière, une hyperventilation (respiration excessive et très rapide), une rétention de respiration et/ou un blocage respiratoire.
Ces troubles respiratoires sont la plupart du temps inconscients. Ils peuvent devenir conscients. La personne se rend alors compte que sa respiration n’est pas adéquate. Les sensations d’inconfort, d’essoufflement, d’étouffement, d’oppression thoracique, de palpitations, d’étourdissement, de tension musculaire et donc, de stress augmentent. Ce stress chronique a lui-même un impact direct sur le développement, la croissance et la maturation du cerveau et du corps, et ce, à toutes les étapes de la vie.

Respiration et sommeil
La respiration joue un rôle essentiel dans la qualité du sommeil.
Pour avoir un sommeil réparateur et régulier, le corps doit être en mesure de se ventiler tout seul, de façon inconsciente et automatique.
Pendant que nous dormons, nous passons tous par différents stades qui modifient la profondeur de notre sommeil. Ces stades sont le sommeil léger, profond et paradoxal.
Selon que nous passons d’un stade à l’autre, notre respiration peut varier, s’intensifier, devenir irrégulière, plus rapide, etc.
Lorsque la respiration est perturbée, le passage d’un stade à l’autre est gêné, et c’est tout le sommeil qui s’en voit altéré.
En cas d’apnées du sommeil, la respiration éprouve des interruptions temporaires. Les voies respiratoires se bloquent. Ces apnées sont souvent accompagnées de ronflements forts, notamment lorsqu’on dort sur le dos.
Les perturbations durant le sommeil empêchent le corps de bien récupérer de la veille. Elles font que le réveil est difficile. Les sensations de fatigue apparaissent donc durant la journée (avec des somnolences fréquentes) et la concentration et l’attention diminuent. Ces troubles du sommeil rendent difficilement possibles les efforts à réaliser pour amoindrir les effets des TND.

Études et constats scientifiques
Il a été prouvé par des études scientifiques qu’en cas d’autisme (TSA) les anomalies respiratoires impactent directement le sommeil, l’énergie, les fonctions cognitives et le comportement.
D’autres études ont été menées sur des personnes TDAH ayant une respiration superficielle ou des anomalies relevant des patrons respiratoires. La tendance qui s’en dégageait était significative : les individus retenaient souvent leur respiration ou respiraient de façon irrégulière et cela impactait leur concentration, leur vigilance et leur régulation émotionnelle.
Une étude publiée dans le Journal of Child Psychology and Psychiatry en 2017 a examiné les effets du stress respiratoire chez les enfants nés prématurément. Les chercheurs ont constaté que les enfants qui avaient eu des antécédents de détresse respiratoire à la naissance présentaient des altérations dans le développement du cerveau, notamment dans les régions impliquées dans la cognition et l’attention.